Le prêt relais immobilier permet d’acheter un nouveau logement avant d’avoir vendu l’ancien. Concrètement, la banque vous avance une partie de la valeur de votre bien actuel, que vous remboursez dès que la vente est conclue. C’est une solution très répandue pour les propriétaires qui souhaitent déménager sans subir deux mutations successives ni attendre la vente pour financer l’achat.
En bref : le prêt relais représente généralement 70 à 80 % de la valeur estimée du bien à vendre. Il dure 12 à 24 mois maximum. Pendant cette période, vous payez uniquement les intérêts (franchise partielle) ou rien du tout (franchise totale). Le remboursement du capital intervient en une seule fois lors de la vente.
Contents
- 1 Qu’est-ce qu’un prêt relais immobilier ?
- 2 Les 3 types de prêt relais
- 3 Comment se calcule et se rembourse un prêt relais ?
- 4 Les risques et pièges à éviter
- 5 Quelles alternatives au prêt relais ?
- 6 Les questions que vous nous posez sur le prêt relais
- 6.1 Quel est le montant maximum d’un prêt relais ?
- 6.2 Quelle est la durée d’un prêt relais immobilier ?
- 6.3 Que se passe-t-il si le bien n’est pas vendu dans les délais ?
- 6.4 Quelle banque propose le meilleur taux pour un prêt relais ?
- 6.5 Le prêt relais inclut-il une assurance obligatoire ?
- 6.6 Peut-on obtenir un prêt relais après 65 ans ?
- 6.7 Prêt relais sec ou adossé : lequel choisir ?
- 6.8 Quels sont les diagnostics à réaliser avant la mise en vente ?
Qu’est-ce qu’un prêt relais immobilier ?
Un prêt relais est un crédit à court terme adossé à la valeur de votre bien actuel. Plutôt que d’attendre la vente pour disposer des fonds, vous obtenez une avance de votre banque, ce qui vous permet de signer l’acte d’achat de votre futur logement immédiatement.
Ce type de financement est particulièrement pertinent dans un marché où les délais de vente varient de 2 à 6 mois selon les régions et les biens. Sans prêt relais, vous seriez souvent contraint soit de vendre avant d’acheter (avec le risque d’être sans logement), soit de négocier des conditions suspensives qui fragilisent votre offre d’achat. Le prêt relais résout ce problème en découplant les deux opérations.
Côté coût, les taux pratiqués sont généralement supérieurs de 0,5 à 1 point aux taux classiques. Si les taux immobiliers classiques se situent autour de 3,5 % en 2026, comptez plutôt 4 % à 5 % pour un prêt relais, selon votre profil et l’établissement.
Les 3 types de prêt relais
Tous les prêts relais ne se ressemblent pas. Le bon choix dépend de votre situation patrimoniale, notamment de la présence ou non d’un crédit en cours sur le bien à vendre.
| Type | Fonctionnement | Pour qui ? |
|---|---|---|
| Prêt relais sec | Avance seule, remboursée à la vente | Bien déjà remboursé ou crédit résiduel faible |
| Prêt relais adossé | Avance + nouveau crédit classique simultanés | Financement partiel du nouveau bien nécessaire |
| Prêt relais rachat | Intègre le capital restant dû de l’ancien crédit | Crédit en cours important sur le bien à vendre |
Le prêt relais sec
C’est la formule la plus simple. La banque vous avance un montant (70 à 80 % de la valeur estimée du bien) et vous ne souscrivez pas de crédit complémentaire. Cela signifie que le montant avancé suffit à financer la totalité de votre achat. Cette option convient notamment aux acquéreurs qui achètent un bien moins cher que celui qu’ils vendent ou aux propriétaires dont le bien est entièrement remboursé.
Le prêt relais adossé
Ici, l’avance sur la vente ne couvre qu’une partie du prix d’achat. La banque associe un crédit immobilier classique au prêt relais. Vous remboursez chaque mois les intérêts du relais ainsi que les mensualités du crédit classique, puis le capital du relais en une seule fois lors de la vente. C’est la formule la plus courante pour les ménages qui achètent plus grand ou dans une ville plus chère. Pensez à anticiper votre capacité à supporter ces deux remboursements simultanément et à vérifier votre apport personnel disponible pour réduire le crédit adossé.
Le prêt relais rachat
Ce montage est conçu pour les propriétaires qui ont encore un capital restant dû important sur leur bien actuel. La banque intègre ce capital dans le prêt relais, ce qui évite de rembourser deux crédits simultanément avant la vente. La structure est plus complexe mais allège la charge mensuelle pendant la période de transition.
Comment se calcule et se rembourse un prêt relais ?
Le montant accordé correspond généralement à 70 à 80 % de la valeur estimée du bien, déduction faite du capital restant dû si un crédit est encore en cours. Cette décote protège la banque contre une vente à un prix inférieur à l’estimation.
Deux modalités de remboursement existent pendant la période de relais :
- Franchise totale : vous ne payez rien pendant toute la durée du prêt relais. Les intérêts s’accumulent et sont remboursés avec le capital le jour de la vente. Avantage : zéro charge mensuelle. Inconvénient : le coût total est plus élevé.
- Franchise partielle : vous payez uniquement les intérêts chaque mois, sans rembourser le capital. C’est la formule la plus répandue : elle allège le montant dû à la vente tout en restant supportable au quotidien.
Simulation chiffrée avec un exemple concret
Prenons une situation réaliste : vous souhaitez acheter un appartement à 420 000 € et vous vendez votre maison actuelle estimée à 350 000 €.
- Prêt relais accordé : 350 000 € × 80 % = 280 000 €
- Financement complémentaire (crédit adossé) : 420 000 – 280 000 = 140 000 €
- Taux du prêt relais : 4,5 %
- Intérêts mensuels (franchise partielle) : 280 000 × 4,5 % / 12 = 1 050 €/mois
- Si la vente intervient à 10 mois : coût total des intérêts relais = 1 050 × 10 = 10 500 €
Ajoutez à cela les mensualités du crédit adossé de 140 000 € sur 20 ans (environ 870 €/mois au même taux) : votre charge mensuelle totale pendant la période de relais s’établit à environ 1 920 €. Un montant qu’il convient d’anticiper soigneusement avant de s’engager.
Attention : si votre bien se vend moins cher que l’estimation initiale, le capital remboursé à la banque sera inférieur au prêt relais accordé. Vous devrez alors combler la différence sur vos fonds propres. Une estimation trop optimiste est le principal risque de ce montage.
Les risques et pièges à éviter
Le prêt relais reste une solution efficace : mal calibré, il peut vite devenir une source de stress financier. Voici les trois erreurs les plus fréquentes.
Surestimer le prix de vente est le piège numéro un. Faites impérativement estimer votre bien par plusieurs agences et, si possible, par un notaire, avant de demander le prêt relais. Une estimation surévaluée de 10 % sur un bien à 300 000 € représente 24 000 € de capital avancé en trop, que vous devrez rembourser sur vos économies.
Oublier le délai maximum est une autre erreur courante. Un prêt relais est accordé pour 12 mois, renouvelable une fois : soit 24 mois au maximum. Si votre bien n’est pas vendu au terme, la banque peut exiger le remboursement immédiat ou convertir le relais en crédit amortissable avec des conditions moins favorables. Dans ce scénario, ne négligez pas l’impact sur votre calcul de plus-value immobilière si vous devez baisser le prix en urgence.
Ignorer le coût de l’assurance emprunteur s’ajoute aux intérêts. Sur un prêt relais de 280 000 €, l’assurance représente généralement 0,3 à 0,4 % par an, soit 70 à 95 € par mois supplémentaires. Pensez à intégrer ce poste dans votre budget prévisionnel.
Notre recommandation : fixez un prix de vente légèrement en dessous de l’estimation haute du marché pour accélérer la vente. Mieux vaut céder 5 000 € sur le prix de vente que de payer 12 mois d’intérêts supplémentaires sur le prêt relais.
Quelles alternatives au prêt relais ?
Le prêt relais n’est pas la seule option pour acheter avant de vendre. Si votre dossier est solide, d’autres solutions méritent d’être comparées avec votre banquier ou courtier.
La vente sous condition suspensive d’obtention permet d’inclure dans le compromis d’achat une clause conditionnant la vente à la cession de votre bien actuel. C’est gratuit mais beaucoup moins attractif pour les vendeurs en marché tendu : ils préfèrent souvent un acheteur sans condition.
Le prêt achat-revente (ou prêt relais intégré) proposé par certains établissements consolide tous les financements en un seul crédit. La gestion est simplifiée mais les conditions varient fortement selon les banques.
Enfin, si vous envisagez d’acquérir une résidence secondaire à vendre ensuite, les mêmes logiques s’appliquent, avec une fiscalité différente à anticiper dès le départ.
Les questions que vous nous posez sur le prêt relais
Quel est le montant maximum d’un prêt relais ?
Les banques avancent en règle générale entre 70 et 80 % de la valeur vénale du bien à vendre, après déduction du capital restant dû si un crédit est toujours en cours. Certains établissements montent jusqu’à 90 % pour des profils très solides mais c’est rare. La valeur retenue est toujours celle estimée par un expert, pas votre espoir de prix.
Quelle est la durée d’un prêt relais immobilier ?
La durée initiale est de 12 mois, reconductible une fois pour atteindre un maximum de 24 mois. Passé ce délai, la banque exigera soit le remboursement du capital, soit une conversion en crédit classique amortissable, généralement à des conditions moins favorables.
Que se passe-t-il si le bien n’est pas vendu dans les délais ?
Si le bien n’est pas vendu à l’échéance, vous pouvez négocier une prolongation avec votre banque (une fois seulement) ou convertir le prêt relais en crédit classique. Dans les deux cas, votre charge mensuelle augmente. Pour éviter cette situation, nous vous recommandons de déposer votre bien en agence au moins trois mois avant d’obtenir le prêt relais, afin de maximiser la durée de commercialisation.
Quelle banque propose le meilleur taux pour un prêt relais ?
Les taux varient d’une banque à l’autre mais en règle générale les banques mutualistes (Crédit Agricole, Banque Populaire, Caisse d’Épargne) et les courtiers spécialisés offrent les meilleures conditions. Faire jouer la concurrence via un courtier est souvent plus efficace que de s’adresser uniquement à votre banque habituelle, surtout pour des montants supérieurs à 200 000 €.
Le prêt relais inclut-il une assurance obligatoire ?
Oui. Comme tout crédit immobilier, le prêt relais nécessite une assurance emprunteur couvrant au minimum le décès et la perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA). Vous pouvez souscrire l’assurance de votre banque ou faire jouer la délégation d’assurance pour obtenir un tarif plus compétitif, ce que la loi vous autorise depuis la loi Lemoine de 2022.
Peut-on obtenir un prêt relais après 65 ans ?
Techniquement oui mais les banques sont plus prudentes pour les emprunteurs seniors. Le coût de l’assurance emprunteur augmente significativement avec l’âge, ce qui renchérit le prêt relais. Certains établissements proposent des alternatives comme l’hypothèque rechargeable ou le crédit viager hypothécaire pour les profils qui n’entrent pas dans les critères standards.
Prêt relais sec ou adossé : lequel choisir ?
Optez pour le prêt relais sec si le montant de votre vente couvre intégralement votre achat (ou avec un faible complément sur fonds propres). Choisissez le prêt relais adossé si vous avez besoin d’un financement complémentaire significatif. Dans tous les cas, comparez les deux scénarios sur la base du coût total (intérêts relais + mensualités du crédit adossé) pour la durée estimée avant la vente.
Quels sont les diagnostics à réaliser avant la mise en vente ?
La vente de votre bien actuel déclenche une série d’obligations réglementaires. Consultez la liste complète des diagnostics immobiliers obligatoires pour vendre afin d’anticiper ces démarches et ne pas retarder la signature du compromis.



