Les taux immobiliers ont amorcé un net retournement à la rentrée. En septembre 2026, un crédit sur 20 ans se négocie encore entre 3,10 % et 3,50 % selon les banques. Les signaux de marché annoncent pourtant une hausse prochaine. Si votre projet d’achat est en cours, la fenêtre favorable se rétrécit.
En bref : les taux 20 ans restent sous 3,5 % en ce début septembre. L’OAT française à 4,10 % annonce des barèmes plus élevés d’ici octobre. Certaines banques proposent encore des prêts bonifiés de 0 % à 1,99 % pour les primo-accédants et les logements bien classés au DPE. Une hausse de 0,5 point représente environ 79 €/mois de plus pour un emprunt de 250 000 € sur 20 ans.
Pourquoi les taux immobiliers repartent à la hausse en septembre 2026 ?
L’OAT française à 4,10 % : une pression inédite depuis 17 ans
Le principal indicateur à surveiller est l’OAT (obligation assimilable du Trésor) française à 10 ans. Elle a franchi le seuil de 4,10 %, un niveau inédit depuis 2009. Or, les banques se refinancent en partie sur ce marché obligataire : quand l’OAT monte, leur coût de financement augmente mécaniquement.
Dans le même temps, le mid-swap à 7 ans, autre référence utilisée par les établissements prêteurs, est passé de 2,5 % à 3,13 % en un an. Les marges des banques se réduisent. La BCE tenait sa réunion de politique monétaire le 10 septembre : la pression sur les taux longs ne s’est pas desserrée. La conjonction de ces facteurs rend une remontée des barèmes probable dès octobre.
Des barèmes encore compétitifs : jusqu’à quand ?
Cet été, les meilleurs dossiers obtenaient encore des crédits à 3,10 % à 3,20 % sur 20 ans. Les profils standards se situaient plutôt entre 3,30 % et 3,50 % sur 20 ans et entre 3,20 % et 3,60 % sur 25 ans. Des niveaux que les baromètres de taux immobilier d’août 2026 qualifiaient déjà d’exceptionnellement bas compte tenu du contexte obligataire.
Cette accalmie touche à sa fin. Les banques ayant atteint une bonne partie de leurs objectifs commerciaux 2026 ont moins de raisons de maintenir des barèmes compétitifs. Les projections les plus prudentes évoquent des taux compris entre 3,70 % et 4 % sur 20 ans d’ici la fin de l’année.
Simulation chiffrée : ce que coûte vraiment une hausse de 0,5 point
Une hausse de 0,5 point peut sembler abstraite. Concrètement, pour un emprunt de 250 000 € sur 20 ans, voici l’impact réel selon le scénario :
| Scénario | Taux 20 ans | Mensualité | Coût total des intérêts |
|---|---|---|---|
| Meilleur dossier (août 2026) | 3,20 % | ~1 410 € | ~88 400 € |
| Dossier standard (sept. 2026) | 3,50 % | ~1 449 € | ~97 760 € |
| Projection oct.-déc. 2026 | 3,80 % | ~1 489 € | ~107 360 € |
Entre le meilleur taux d’août et la projection de fin d’année, la différence atteint 79 €/mois et près de 19 000 € d’intérêts supplémentaires sur la durée totale. Ce n’est plus un chiffre marginal. Sur un budget serré, ce surcoût peut remettre en cause la faisabilité de certains projets.
Attention : si votre dossier est prêt et que vous avez déjà reçu une offre de prêt, comparez-la sérieusement avec les conditions actuelles avant de temporiser. Une offre à 3,30 % obtenue en septembre peut valoir plusieurs milliers d’euros par rapport à un crédit souscrit en novembre.
Les offres bonifiées des banques : de 0 % à 1,99 % encore accessibles
Malgré la pression générale sur les barèmes, plusieurs établissements maintiennent des prêts à taux réduit pour des profils ciblés. Ces offres ne remplacent pas le prêt principal. Elles viennent le compléter et réduisent le taux moyen effectif global sur l’ensemble du financement.
| Banque | Offre | Profil ciblé |
|---|---|---|
| Crédit Mutuel | Jusqu’à 30 000 € à 0,99 % sur 10 ans | Primo-accédants |
| Caisse d’Épargne | Prêt Primo Jeunes à 0 % jusqu’à 20 000 € | Moins de 36 ans |
| Banque Populaire | Complément PTZ jusqu’à 25 000 € | Moins de 36 ans |
| LCL | 20 000 € à 1,99 % (jusqu’au 19 sept.) | Logements DPE performants |
| Crédit Agricole | Doublement PTZ jusqu’à 20 000 € | Selon barème PTZ |
| BoursoBank | -0,10 point sur le taux | DPE A ou B |
| La Banque Postale | -0,30 point sur le taux | DPE D à G + engagement travaux |
Ces dispositifs s’adressent avant tout aux primo-accédants, aux jeunes ménages et aux acheteurs sensibles au DPE. Si vous rentrez dans ces critères, nous vous recommandons de consulter plusieurs établissements ou de passer par un courtier immobilier pour comparer simultanément ces offres bonifiées. Le gain peut atteindre plusieurs dizaines de points de base sur le taux moyen.
Nos conseils pratiques pour emprunter en septembre 2026
La situation appelle trois réflexes concrets si votre projet est en cours.
Vérifiez votre apport personnel. Avec des taux qui remontent, les banques seront plus regardantes sur le niveau d’apport personnel. Un apport de 10 % reste le minimum attendu. Viser 20 % offre un avantage réel de négociation sur le taux et les conditions.
Ne temporisez pas si votre dossier est solide. Les conditions actuelles, encore entre 3,10 % et 3,50 %, resteront très probablement les plus basses de l’automne. Chaque semaine d’attente fait peser un risque concret sur le taux final et le coût total du crédit.
Intégrez le DPE dans votre stratégie de financement. Un logement classé A ou B n’est plus seulement un avantage à la revente. Il peut désormais débloquer des décotes directes sur votre taux. À l’inverse, un bien mal classé avec engagement de travaux peut aussi bénéficier d’une bonification chez certains établissements, ce qui change radicalement l’équation financière de la rénovation.
Enfin, si vous avez déjà souscrit un crédit et que vous anticipez des difficultés temporaires, sachez qu’il est possible dans certains cas de suspendre temporairement vos mensualités, selon les clauses de votre contrat de prêt.
FAQ : taux immobilier septembre 2026
Quels sont les taux immobiliers en septembre 2026 ?
Les meilleurs dossiers obtiennent encore des taux entre 3,10 % et 3,30 % sur 20 ans. Les dossiers standards se situent entre 3,30 % et 3,50 % sur 20 ans et entre 3,20 % et 3,60 % sur 25 ans.
Les taux vont-ils baisser après septembre 2026 ?
Non, selon les projections actuelles. L’OAT française à 4,10 % et la pression sur les marges bancaires plaident pour une hausse progressive vers 3,70 % à 4 % sur 20 ans d’ici la fin de l’année. Attendre comporte un risque réel de surcoût.
Faut-il emprunter maintenant ou attendre ?
Si votre projet est mûr et votre dossier prêt, septembre 2026 reste une bonne fenêtre. Les taux actuels sont encore nettement inférieurs aux projections de fin d’année. Temporiser expose au risque d’un surcoût de plusieurs dizaines d’euros par mois sur 20 ans.
Quelles banques proposent les meilleures offres en septembre 2026 ?
Crédit Mutuel, Caisse d’Épargne, Banque Populaire et LCL maintiennent des offres bonifiées de 0 % à 1,99 % pour les primo-accédants et les jeunes emprunteurs. BoursoBank et La Banque Postale proposent des décotes liées au DPE. Ces offres se cumulent avec le prêt principal.
Comment profiter du PTZ en septembre 2026 ?
Le PTZ 2026 est accessible sous conditions de ressources pour les primo-accédants, dans les zones éligibles. Certaines banques (Crédit Agricole, Banque Populaire) proposent de le compléter ou de le doubler jusqu’à 20 000-25 000 €. Nous vous recommandons de vérifier votre éligibilité avant de déposer votre dossier.
Le DPE influence-t-il vraiment mon taux de crédit ?
Oui. Depuis 2025, plusieurs banques intègrent la performance énergétique dans leurs barèmes. BoursoBank accorde -0,10 point pour un DPE A ou B. La Banque Postale peut aller jusqu’à -0,30 point pour les projets D à G avec engagement de travaux. Sur 20 ans, ces décotes représentent plusieurs milliers d’euros d’intérêts économisés.
Comment négocier son taux en période de hausse ?
Trois leviers restent efficaces même en période de tension : augmenter votre apport (viser 20 % minimum), présenter un dossier complet sans retard de paiement et mettre les banques en concurrence via un courtier. Un bon courtier peut souvent obtenir 0,10 à 0,20 point de mieux que la négociation en direct, ce qui représente plusieurs milliers d’euros sur la durée.



